<< On en a parler, mille et une fois en disant que nous deux c'est impossible, que tout nous sépare, que personne n'aimerait nous voir ensemble, qu'en s'embrassant, toi et moi, on a trahït tout le monde ... Mais pourtant, tu vois, je te regardes, et je ne peux pas me dire, que je dois me passer de toi, pour les autres. Je ne peux pas, quand je te regarde, ne rien faire. Je ne peux pas me contenter de sourrir amicalement, et partir, loin de toi. Ce n'est pas notre amour qui est impossible, mais plutôt le fait de devoir me passer de toi. C'est destructeur. >> *

  << On en a parler, mille et une fois en disant que nous deux c'est impossible, que tout nous sépare, que personne n'aimerait nous voir ensemble, qu'en s'embrassant, toi et moi, on a trahït tout le monde ... Mais pourtant, tu vois, je te regardes, et je ne peux pas me dire, que je dois me passer de toi, pour les autres. Je ne peux pas, quand je te regarde, ne rien faire. Je ne peux pas me contenter de sourrir amicalement, et partir, loin de toi. Ce n'est pas notre amour qui est impossible, mais plutôt le fait de devoir me passer de toi. C'est destructeur. >>   *
Misha Barton as Léa Ladevèze
Gaspard Ulliel as Arthur DesRoche
Hayden Pannetière as Marine Ladevèze
Ed Westwick as Charles DesRoche
Shu Qi as Selena Wang
Adam Brody as Matt Morel
Robert Pattinson as Léo Meyfrin




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# Posted on Sunday, 18 October 2009 at 4:00 AM

Edited on Thursday, 05 November 2009 at 1:48 PM

#Prologue Let me take you there

#Prologue  Let me take you there


22 Octobre 2009.

- Je veux que Arthur revienne, j'y crois, j'y crois. Je veux que Arthur revienne, j'y crois, j'y crois.
Elle chuchotait, s'enfonçant dans les ruelles humides et sombres. Les gouttes d'eau qui tombaient du ciel se faisaient de plus en plus nombreuses et violentes. Elle fixait le béton en répétant inlassablement la même phrase comme si elle se prenait pour une sorcière récitant sa formule contre les mauvais sorts. Elle persévérait dans son obsession, consciente du regard inquisiteur que lui jetaient les passants. Ils devaient surement penser qu'elle était folle. Dans un sens, ils n'avaient pas tout à fait tort.
- Je veux que Arthur revienne, j'y crois, j'y crois.
Pourtant elle le savait. Le portable ne vibrerait pas. Sonnerait encore moins. Il ne se passerait rien. C'était finit.
Elle arrivait aux quelques marches du haut de la rue du Vallon des Auffes. Malgré que les escaliers fussent mouillés, elle s'assit. Elle balança sa tête en arrière, fixant intensément le ciel orageux. Les nuages avaient créé comme un ciel de coton noircis, une couche si épaisse de cumulus que l'on se trouvait couper de l'univers au dessus de nous. Elle ferma les yeux.


27 Aout 2009

C'était quelque chose dans le plus profond de son être. Quelque chose d'indescriptible; sur lequel il était impossible de mettre des mots. Une sensation unique, et nouvelle. Une envie irréfrénable. Elle n'était plus maitresse de son propre corps. Les mots qu'elle murmurait, les gestes qu'elle faisait, n'étaient pas volontaires. C'était quelqu'un ou quelque chose d'autre qui la possédait. Il n'y avait plus rien autour d'eux. Comme si le monde entier avait disparu. Comme si la mort ou peut être était-ce la vie (?) avait balayer l'humanité et son décor, ne laissant sur son passage que leurs lèvres enlacées. Plus de vie. Tant mieux, sa seule présence lui suffisait amplement. Plus d'eau, ni nourriture. Tant pis, elle se nourrirait de son corps et boirait ses paroles. Plus d'air. Elle respirerait son souffle. Plus de Soleil ni de Lune, plus de jour, plus de nuit, plus de saison, plus d'étoiles. Et alors ? Elle n'avait pas besoin d'étoiles, elle n'avait qu'à plonger dans ses yeux. Plus de temps. Non, plus rien.
Quelques fois, entre deux étreintes passionnées, ses lèvres se détachaient des siennes pour descendre dans le creux de son cou et s'y blottir. Elle y respirait son odeur jusqu'au point de s'enivrer, puis elle allait retrouver sa petite bouche espiègle. Et leurs langues reprenaient alors leur petite valse. Il éloigna son visage de quelques centimètres du sien afin de pouvoir la regarder. De sa voix sablée, il murmura :
- Laisse-moi t'emmener dans mon parachute.
Un sourire en coin se dessina sur son visage. Malicieux, mais si discret, qu'il fallait connaître ses traits par coeur pour parvenir à le saisir. Pourtant il était bien là. Elle le voyait, elle. Elle devinait la fossette, là, juste au coin à droite. Infime. C'était le genre de sourire auquel elle ne savait pas résister. Le genre de sourire qu'elle qualifiait de délicieux. Et il l'était. Oui, il l'était vraiment. Tout comme son propriétaire.
Par réflexe, elle passa sa main dans la mèche brune du garçon, quelque peu humide à cause de leurs baisers interminables sous le drap. Il sourit à nouveau, laissant même cette fois-ci apparraître le bout de ses quenottes. C'était son tic, sa petite manie. Elle faisait toujours ça. C'était d'ailleurs pour cette raison, qu'il lui avait écrit "mes cheveux sont en manque de tes mains mon amour", un jour de juillet où la séparation due aux vacances lui martelait le coeur. Elle aimait quand il souriait. Elle aimait lui donner le sourire plus exactement. Savoir qu'elle possédait un certain pouvoir sur lui. Elle se redressa et resserra son étreinte. Elle l'embrassa délicatement à la commissure des lèvres.
- Avec plaisir, répondit-elle.


22 Octobre 2009.

- Non !
Elle se fit sursauter elle-même. Non ! Reprit-elle silencieusement, non, tant que j'y croirais, il y aura une chance qu'il me revienne. Pourtant, plus les jours passaient, plus elle se devait d'avouer qu'ils étaient arriver à un point de non-retour. Il ne reviendrait pas. Qu'il l'aime encore ou non, elle n'en savait rien. Il changeait tout le temps d'avis. Ou lui faisait croire qu'il en changeait du moins. Mais qu'il leur donne une seconde chance ? Il fallait bien admettre que cela tenait plus du rêve que de la réalité.
Cependant, elle ne pouvait pas accepter l'idée que leur histoire était finit. Etait-ce une enfance la tête dans les romans d'amour épiques et les films aux fins heureuses qui l'empêchait de concevoir sa vie sans lui ? A quinze ans, elle était consciente que ses relations amoureuses ne faisaient que commencer. Mais avec lui, ça n'était pas pareil. Ils avaient une relation, une vraie, passionnée, fusionnelle. Comme dans les films oui. Comme dans les poèmes de Baudelaire ou de Rimbaud. Ils s'aimaient malgré la différence d'âge, qui à l'adolescence était une vraie plaie. Malgré son frère. Leur histoire était unique. Ils étaient uniques. Alors, à ses yeux, cela n'avait pas de sens. Léa sans Arthur. Arthur sans Léa. Non vraiment, cela n'avait aucun sens ! Elle se releva, et s'agrippa à son sac, faisant violence au vent déchaîné. Elle monta la dizaine de marches la séparant de la rue d'Endoume, et repris son monologue obsessionnel.
- Je veux que Arthur revienne, j'y crois, j'y crois.
Mais Il n'y a pas d'amour heureux chantait Brassens; elle aurait du s'en souvenir.





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# Posted on Friday, 23 October 2009 at 4:37 PM

Edited on Thursday, 05 November 2009 at 1:50 PM

#1 I shot for the sky

#1 I shot for the sky


28 Octobre 2009

Le temps était rarement aussi agréable. Le ciel était d'un bleu intense, profond. Il n'y avait pas un brin de vent. La montagne se dessinait tout autour d'eux, comme une flamme rebelle, toute vêtue de brun, de rouge, et de doré. Déjà, les sommets étaient saupoudrés de neige. Le sol commençait à se tapir de feuilles.
Elle observait la valse lente de l'une d'entre elle qui après s'être délicatement décrocher de sa branche, dansait dans les airs. Elle tourbillonait gracieusement, se rapprochant du sol,et se posa enfin sur l'herbe tendre. Elle se comparait à cette petite feuille brune qui venait de terminer sa descente aux enfers. Elle aussi avait été arrachée, sans vraiment en avoir conscience, à son arbre et s'était retrouvée en chute libre. En revanche, son atterrissage avait plus ressemblé à un crash. Elle laissa échapper un long soupir. Détourna le regard. Scruta l'océan au dessus de sa tête.
Elle essayait de se persuader qu'il ne reviendrait pas, afin d'être moins déçue lorsqu'elle le retrouverait à la rentrée et qu'il ne se passerait rien. L'espoir fait vivre disait-on. Mais elle le savait au fond, l'espoir ne nous fait pas vivre non. Il nous maintient en vie grâce à des faits, des mots bien incertains. Il nous fait survivre. Et parfois pour vivre, il faut se laisser mourir pour mieux renaître. Tu le sais, il y a de grandes chances pour qu'il ne te revienne pas. Pour qu'il ne t'aime plus jamais, pensa-t-elle.
Un second soupir.
- Jamais ... c'est terriblement long, murmura-t-elle.
La douleur lui brulait le coeur. Le trou dans sa poitrine suintait. Ses yeux. Elle essayait de concentrer son attention sur quelque chose, quelqu'un mais elle était figée face à l'étendue bleue. Son odeur. Elle ne devait pas penser à lui. Pas autant du moins. Elle essayait de détourner ses pensées de lui, mais elle n'y mettait pas beaucoup de volonté. Sa voix. Parce qu'elle savait parfaitement qu'elle en était incapable. Sa bouche. Une pression parut dans sa gorge. Une désagréable envie de pleurer qui semblait comme un étaut de fer. Sa bouche ...
- Et s'il ne revient pas hein ? Si cela n'appartient réellement plus qu'au passé ? cria-t-elle au ciel.
Sa bouche.
Elle ferma les yeux violemment, continuant d'exercer une pression sur ses paupières bien qu'elles soient closes, comme si elle voulait les briser. Comme si elle voulait souder ses cils afin de ne plus jamais revoir la lumière du jour, et avant tout son visage froid et indifférent. Alors elle pensa à Marine. Et se fut comme un souffle nouveau. Une trève temporaire entre les deux camps qui luttaient en elle. Une retombée du chagrin. Marine y croyait dur comme fer. Elle y avait toujours cru. Léa & Arthur. Arthur & Léa. Pour elle s'était depuis le premier jour une évidence. Le doute n'avait pas sa place ici. Il reviendrait.
Elle oublia un instant sa peine et inclina son visage au soleil. Une douce chaleur l'envahit. Arthur... Elle l'imagina étendu à ses côtés, le front contre le sien, leurs nez se frolant de temps à autres. Elle désirait tellement que se fusse vrai qu'elle parvenait à ressentir la chaleur que son corps contre le sien aurait du émettre. Elle le voyait, là, tout près, les yeux clos, son petit visage pâle au repos, les discrètes tâches de rousseurs sur son petit nez légèrement en trompette. Elle pouvait presque sentir son odeur sucrée. C'était délicieux.
Il suffit d'un dixième de seconde pour qu'elle revint à la réalité. Un rire d'enfant qui la fit sursauter. La magie s'évapora peu à peu. Elle remit sa tête droite, et ouvrit les yeux. Un avion, juste au dessus d'elle, volait vers une destination qui lui était inconnue. Il laissait derrière lui deux grandes trainées blanches. Deux. Il pensait à elle. Elle ne put s'empêcher de sourire, soulagée. Elle s'adressa à l'avion si haut dans le ciel.
- Mon amour, chuchota-t-elle. Mon amour, pense à moi. Reviens, reviens-moi.
Elle pousuivit, s'adressant cette fois-ci à Dieu, bien qu'elle soit Athée. Elle croyait en Dieu, sans pratiquer. Mais s'était plus une façon de se reposer sur quelque chose, de se dire qu'elle n'était pas toute seule. Elle avait ainsi le sentiment que son destin était entre les mains de quelqu'un. Qu'il ne lui echappait pas, qu'il ne vagabondait pas au hasard. Elle croyait en Dieu pour se rassurer.
- On peut être heureux s'il nous laisse une seconde chance, vous savez ... Faites qu'il me revienne, c'est tout ce dont j'ai besoin. Il est tout ce dont j'ai besoin.
Elle devait continuer à y croire. Marine y croyait. Alors il y avait encore de l'espoir. Et puis pourquoi Dieu lui enverrait-il des signes qu'il savait qu'elle interprétait avec sérieux sinon ? Comme pour les avions. Une trainée : un blond. Léo. Deux trainées : un brun. Arthur. Il y avait beaucoup de Blond; preuve que ces signes n'étaient pas si insensés car Léo avait depuis deux ans déjà le beguin pour elle. Alors il n'y avait aucune raison que les signes soient trompeurs quand il s'agissait d'Arthur. Elle prenait tous ces éléments très à coeur, et souvent son baromètre de l'espoir ne devait son taux (haut ou bas) qu'à des avions. Elle était comme ça, elle s'accrochait au moindre signe.

*

La nuit était impénétrable. Pas une onse de lumière n'entravait ce néant. Les nuits étaient-elles toujours aussi obscures ici ? songea-t-elle. Elle ne distinguait aucune forme, aucun bruit. Aucun moyen de distraction. Seulement des souvenirs.



14 Septembre 2009

Elle souleva son coude et observa avec un faible sourire la marche qui se situait dessous. La marche était recouverte par un texte écrit au marqueur indélébile noir.

" I know a place that we can go to.
A place where no one knows you.
They won't know who we are.
Let me take you there.
I wanna take you there.
I know a place where we can hide out.
And turn our hearts inside out.
They won't know who we are.
Let me take you there.
I wanna take you there.
Let me take you there.
Take you there. "

Leur chanson.
Elle reporta son attention sur lui. Il la dévisageait, impassible.
- C'est finit.


La platitude avec laquelle il prononça ces quelques mots la frappa avec plus de violence que leur signification. A vrai dire, elle ne comprit pas immédiatement. Elle avait besoin d'un temps de réflexion, se répétant la phrase dans sa tête. Elle sentit comme un coup dans l'estomac. Elle voulait répondre mais elle était trop stupéfaite pour pouvoir parler. Il poursuivit.
- Notre relation été bien trop compliquée. Dés le départ elle été vouée à l'echec.
Chacun des mots qu'il prononçait avait été minutieusement choisis afin d'avoir l'impact voulu. Elle parvint à ouvrir la bouche, mais il en sortit des mots appeurés, presque inaudibles.
- Mais enfin ...
Elle croisa ses profonds yeux noisettes. Il y brulait une rancoeur qu'elle n'avait encore jamais connue chez lui; si effrayante. Et sa tentative de contestation fut anéantie.
- Notre différence d'âge, nos disputes quotidiennes, Mathéo.
Elle sortit de sa torpeur de stupéfaction et se mit à crier. Pourtant le ton de sa voix semblait implorer le garçon.
- C'est toi ! C'est toi qui disait "mon amour on se fiche de notre différence, on s'aime c'est tout ce qui compte...''. C'est toi qui m'a convaincue qu'on pouvait s'aimer ! Comment peux-tu dire ça ?
- C'est ce que je croyais mais je me rends compte que je me suis trompé. Et puis après l'épisode Mathéo...
- Non, ce qui s'est passé avec Mathéo c'était une erreur. J'ai commis une erreur oui, mais qui n'en commet pas ? J'ai eu un stupide besoin de tester mon charme, de voire si je plaisais quand même à certains garçon de mon âge. Et je le regrette Oh si tu savais combien je le regrette. Tu le sais pourtant ! Tu sais à quel point j'ai eu du mal à accepter que tu sois plus jeune. C'était difficile. Tu sais à quel point je suis mal dans ma peau même si ça n'excuse rien. J'ai passé l'été à me remémorer les paroles de Charles et quand Mathéo m'a embrassé je ... j'ai ...

Une marrée de sel se ruait à ses pupilles.
- Tu n'as pas pensé à moi, termina-t-il d'une voix sèche.
-Si, murmura-t-elle. Si mon amour, à chaque seconde à chaque minute. Mais j'étais trop bornée, trop orgueilleuse. Je voulais me venger. De tous, de ton frère, de toi.

Sa voix allait decrescendo jusqu'à ce qu'elle disparaisse dans le souffle du vent.
- Pourquoi ne pas avoir réagit cet été ? Pourquoi maintenant ?
- Je pensais t'aimer suffisament pour pouvoir te le pardonner. Mais non.

Elle le contempla ahurie.
- Non, c'est faux. Dis-moi que c'est faux, le supplia-t-elle.
La froideur de son regard ne faisait que confirmer ses dires.
- Et toutes tes promesses ? Tu disais que tu ne pouvais pas vivre sans moi, que j'étais ta drogue. Que tu m'aimais plus que tout et que tu ne me quitterais jamais.
- Et bien j'ai mentis.

Elle avait l'impression qu'une meute de loups affamés se déchiraient sa carcasse. Son supplice ne semblait pas avoir de fin. Elle voulait hurler, s'extirper de se cauchemard. Mais il continuait, désireux de mener jusqu'au bout son convoi de souffrances.
- Toi et moi c'était une erreur.
Elle ouvrit la bouche mais à nouveau aucun son ne parvenait à sortir.
- Arrête.
Mais c'était déjà trop tard. Il se releva, déposa à ses côtés un parfum Eden Park et une chemise Ralph Lauren bleue, puis lui pris des mains le polo bleu clein qu'elle fixait. Elle le laissa faire, impuissante, vide de toute force, de toute réflexion. Une boule obstruait sa gorge qu'elle tentait avec difficulté de contenir.
- Non... Arthur, murmura-t-elle. Je t'en pries, ne me quittes pas.
Il ignora ses paroles, et dégagea sa main qu'elle avait prise dans la sienne.
- Adieu, Léa.
Elle voulut le suivre, insister, mais ses jambes refusèrent de lui obéirent. Il ne pouvait pas la quitter, non. Cette situation n'avait aucun sens. Elle allait se réveiller,oui elle allait se réveiller.
Elle le vit bifurquer au bout de la rue étroite et disparaître. Elle se rua alors, dans le dédalle de ruelles.
- Attends !
La boule dans sa gorge l'étouffait.
- Arthur !
Elle avait crier son nom dans un déchirement, comme une ultime supplique, vomissant la douleur qu'elle avait accumulée. Le cri se répercuta contre les bateaux tranquilles ammarés dans le petit port, les restaurants du Vallon et les fenêtres des maisons qui le surplombaient. Il se déchira dans la fin d'après-midi, laissant derrière lui un silence mélancolique. Elle l'avait perdu.
Elle fit quelques pas, tituba en descendant les escaliers, le cherchant du regard comme un chien perdu. Elle continuait à le chercher, consciente qu'il était déjà chez lui puisqu'il habitait dans un de ces vieux immeubles au-dessus du Vallon. Mais elle devait le chercher encore, sinon s'en était finit. De l'amour. Les passants la dévisageaient, un jeune homme s'arrêta même.
- Vous avez un problème Mademoiselle ?
Elle le fixa, ébétée. Le garçon répéta sa question, mais elle garda le même silence craintif. Il lui tendit alors un mouchoir.
- Tout finit par s'arranger, vous verrez.
Et il repris son chemin. Elle était incapable de formuler le moindre mot, la moindre pensée. Elle se réveilla de sa soudaine paralysie, et compris pourquoi cet homme avait deviné son mal. Son visage était couvert de larmes.
Elle s'enfuit. Courrait, courrait le plus vite possible pour s'éloigner de ce lieu maudit. En quelques minutes elle fut chez elle. Elle se refusait de se laisser éclater en sanglots, et essuyait mécaniquement ses joues. Elle tremblait et les clefs lui échappaient. La porte s'ouvrit enfin et elle s'engouffra dans sa chambre, claquant la porte d'entrée d'un coup de pied maladroit. Elle trébucha, tomba à terre au pied de son lit. Elle n'eut pas la force de se relever. Elle se recroquevilla sur elle-même. Les tomettes froides sous son corps lui donnèrent des frissons. Elle enveloppa ses jambes avec ses bras. Elle était dans un état second ; elle ne pouvait plus penser, ou seulement à la douleur qu'elle éprouvait. Ses paroles résonnaient indéfiniment en elle, la laissant vide, terrassée par la douleur. Car si celle-ci n'avait fait que la caresser jusqu'à présent, elle venait de planter ses ongles dans sa peau injectant son poison dans tout son organisme. Elle ferma les yeux désireuse de s'endormir pour ne plus avoir à supporter ce chagrin qui lui déchirait le coeur. Le visage d'Arthur lui apparaissait, froid et magnifiquement hautain. Alors la souffrance s'abattit violemment sur elle, la dévorant de l'intérieur. Abandonnée. Il l'avait abandonnée, broyant sa vie, mettant fin à ses rêves, à ses espoirs, ouvrant en son coeur novice de jeune fille des souffrances qui ne finiraient plus.




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# Posted on Monday, 02 November 2009 at 2:40 PM

Edited on Thursday, 05 November 2009 at 1:50 PM

#2 Something to beleive in

#2 Something to beleive in


20 Novembre 2009

Il y avait des jours où rien n'appaisait la douleur. Des jours où elle ne pouvait plus se contenir. Des jours où le moindre lieu, le moindre objet, la moindre musique évoquant Arthur, la déchirait. Des jours comme celui-ci.
Il faisait bon. La douce chaleur que procurait le soleil l'envelopppait dans une torpeur agréable. Elle discutait de tout et de rien en compagnie de Selena. Un avion traçant deux lignes blanches dans le ciel lui donna le sourire. Il faisait presque bon de vivre à son goût; une sensation qu'elle n'avait pas éprouvée depuis deux mois. Et deux jours, songea-t-elle avec nostalgie.
- Les bracelets sont superbes. Lequel va le mieux avec mon papillon ?
Léa observa la petite dizaines de bracelets méticuleusement attachés autour d'un rouleau enrubané qui faisait office de présentoir. C'est vrai qu'ils étaient tous très beau.
- Je préfère les deux qui portent un petit papillon.
- Oui moi aussi, on les essaye ?

Elle acquiesa d'un mouvement de la tête. Elle essayèrent les bijoux, commentant les couleurs, les pendentifs, et la taille de leurs poignets.
Léa se redressa, ramassa les déchets de leurs dejeuner, et se dirigea vers une poubelle à deux ou trois mètres du banc.
- Mon amour reviens moi, murmura-t-elle en revenant vers son amie. Elle s'assit en souriant. Et, - peut être était ce le destin -, son sourire se crispa. Son coeur se serra. Et tout son corps cessa de lui obéir, comme pétrifié. Il était là. Tout près. Elle le voyait, dans l'angle que formait le grand pin et Selena. Il marchait vers l'enceinte du collège. Il ne l'aperçut même pas. Il était beau. Il était beau.. Il disparut derrière une haie de lauriers. Son amie continuait à parler, pour détourner son attention.
- Je ne te demande pas ce que tu as vu parce que sinon on entre dans un cercle vicieux.
Et elle poursuivit son monologue à propos des bracelets. Elle en était consciente, son amie avait le bon comportement. Elle agissait pour son bien. Mais à cet instant précis, elle aurait voulut les lui faire avaler, ses bijoux. Elle ne pouvait pas détacher son regard de l'endroit où il s'était tenu quelques secondes plus tôt. Elle ne pouvait arracher son esprit à cette vision. Elle ouvrit la bouche mais la seule chose qui en sortit fut son nom, écorché, inaudible tant il lui était douloureux de le prononcer.
Selena ne pouvait pas comprendre. Non, personne ne pouvait comprendre. Personne. La douleur qui vous ronge de l'intérieur, qui vous bouffe le coeur. La peur d'être oublié qui s'infiltre dans chacun de vos tissus nerveux et qui étend sa toile jusqu'à vous étouffer. Les doutes, les espoirs qui vous assaillent sans répis, qui vous martèlent le coeur. Mais le pire dans toute cette ignoble bataille, c'est le silence. C'est tout ce qu'on ne dit pas, tout ce qu'on ne sait pas et qu'on ne peut pas savoir. Tout ce qu'il faut interpréter sois-même. L'indifférence, les regards, les silences. Il faut les analyser, mais comment savoir si nos rêves n'influencent pas notre interprétation ? Personne n'est à même de comprendre cet enchevêtrement de sentiments destructeurs. Et alors, sans répondre à son amie, elle s'allongea, et laissa libre court à son chagrin. Des marées de sel envahissaient ses joues. Toutes ces larmes qu'elle tentait de contenir à chaque minute depuis soixante-trois jours. Mille cinq cent douze heures. Quatre-vingt dix mille sept cent vingt minutes. Cinq millions quatre cents quarante-trois mille deux cent secondes. Et sur ces cinq millions quatre cents quarante-trois mille deux cent secondes, il n'y en avait pas beaucoup durant lesquelles elle s'était permise de pleurer devant les autres. Selena posa une main en guise de réconfort sur son épaule. Evidemment que cela n'appaiserait pas le mal, mais c'était un geste qui lui mettait du baume au coeur.
- Je ne peux pas concevoir qu'il ne m'aime plus, sanglota-t-elle. Je ne peux pas, je ne peux pas, il ...
La fin de sa phrase disparut sous un flot de larmes.
- Tu veux aller voir l'infimière ? Je préviendrai le prof de français.
Elle acquiesa d'un mouvement de tête, et se redressa. Du revers de sa manche, elle essuya son visage trempé.
- Ca sonne, je te laisse là. Allez, courage.
Selena monta vers le lycée tandis que Léa descendit en direction du collège. C'était du masochisme. Elle savait qu'elle avait 90% de chance de le croiser à nouveau en s'aventurant vers le collège. Derrière chaque garçon, elle redoutait de reconnaître son visage enfantin. Et paradoxalement, elle espérait qu'il était chacun d'entre eux. L'infirmerie n'était pas encore ouverte. Un écritaut avec l'inscription "Adressez-vous à la vie scolaire du collège" était accroché à la porte. Elle soupira, et remonta jusqu'à la rotonde. Elle taversa la cour du collège, en repensant aux quatres dernières années qu'elle avait passé ici. Cette fois-ci, ce fut elle qui ne l'aperçut pas immédiatement. Elle marchait, le cherchant du regard dans le fond de la cour, mais il était sur le banc devant lequel elle venait de passer. Il la fixait, quelque peu surpris. Elle ne le vit que lorsqu'elle rentra dans le batîment. Il m'a regardé songea-t-elle. Et cette infime consolation lui suffit pour lui tirer un mince sourire.

*

La nuit étendait déjà son spectre sombre. Elle avançait d'un pas rapide. Décidément, il la prenait vraiment pour une idiote. Il avait promis. Il avait promis ! Sale petit con prétentieux. Salop ! Elle relisait les sms moqueurs et injurieux qu'il venait de lui envoyer pour lui faire comprendre qu'il se foutait d'elle. Elle tourna à l'angle du boulevard et s'arrêta. Sortit de son sac à main un paquet de feuilles où l'on pouvait voir leurs noms enlacés sur le papier. Arthur & Léa. De toutes les couleurs, de toutes les typographies, de toutes les tailles. Elle ferma les yeux. Ouvrit la benne à ordures qui faisait l'angle, et se débarassa de tous ces enfantillages de gamine. Parmis ces feuilles, des souvenirs. Une fiche de cuisine sur les courgettes, un petit écritaut avec inscrit Arthur orné d'un petit noeud rouge... Elle fit quelques pas et s'arrêta à nouveau. Leva la tête pour observer la fenêtre du quatrième étage. Alors elle se souvint. Elle se souvint de la première fois qu'elle était venue en bas de cette immeuble. De la première fois qu'elle était entrée dans cet appartement. De tout ce qui s'y était passé. Chaque pièce, chaque geste, chaque mot. Elle prit le flacon de parfum, ne prit même pas la peine de le regarder - lui aussi lui évoquait trop de souvenirs - et violemment, le brisa contre le goudron. Dans la rue obscure et silencieuse, il y eut une déchirure. Un hurlement. Puis le silence à nouveau. Elle enjamba les débris de verres à ses pieds. Le liquide coulait, serpentant entre les morceaux tranchants comme le sang d'un mort qui s'enfuit loin de son propriétaire. Le cadavre de leur amour avait une odeur délicieuse; une mort masculine mais cependant quelque peu sucrée. Elle regarda derrière elle; c'était son coeur qu'elle voyait à la place du flacon en pièces. C'était son coeur qui était brisé. Son coeur qui saignait. Pour cacher ce massacre symbolique, elle recouvrit le crime d'une chemise bleue. Elle se saisit de son portable.
" Va te faire foutre "
Puis jeta un écrin vert émeraude au milieu de la chaussée. L'écrin rebondit à plusieurs reprises sur le sol, et s'arrêta contre le pneu d'une auto garée. A une des fenêtres du quatrième étage, un garçon apparut. Alors elle s'enfuit. Environ une dizaine de mètres plus loin, le boulevard bifurquait légèrement, de sorte qu'il ne pouvait plus l'apercevoir. Elle se laissa glisser contre un mur jusqu'au sol.
-Oh mon amour sanglota-t-elle.
Voilà, elle s'était débarassée de ses affaires. Et maintenant ? Lui avait-elle seulement fait un peu de mal ? Ne sois pas stupide Léa. Il t'a dit qu'il ne t'aimait plus. Son portable vibra; elle l'extirpa de sa poche. " Ramasse ! " Elle ne repondit rien. Elle pleura juste plus abondament. Le portable sonna cette fois-ci. Elle décrocha. Elle crut qu'on lui brisait les côtes. Plus de deux mois qu'elle n'avait entendu sa voix ailleurs que dans ses rêves. Au fond de sa chair, elle sentit comme un renouveau. Tant de jours passés en apnée, le corps meurtri de l'intérieur, gorgé d'eau, étouffant son coeur. Il lui semblait qu'alors qu'elle se laissait entraîner par les courant glacés, elle venait de remonter à la surface, de voler une bouffée d'air. Ses nerfs se crispèrent, mais le son sablé qui s'échappait du téléphone n'était pas agressif. Il était suppliant, même peiné.
-Ramasse la bague, s'il te plait.
-Pourquoi ?
-Ramasse la, s'il te plait.

Elle ferma les paupières. Comment expliquer ce sentiment de régénération qui l'envahissait, qui réchauffait son corps et appaisait soudain la douleur insoutenable qui la dévorait sans répit depuis deux mois.
Elle courut, s'empara de la bague, puis de la chemise, obéissant à la voix angélique. Il lui promit de la voir le mardi soir, et lui montra la lettre pour lui prouver qu'il l'avait conservée. Alors enfin, elle se décida à rentrer chez elle. La nuit avait entièrement pris possession des lieux. Les rues étaient hostiles. Elle gardait en elle l'espoir de leur rencontre mardi.

Elle s'enferma dans sa chambre. Elle cacha l'écrin et la chemise sous son lit. Cette dernière ayant baignée dans le parfum, embauma la pièce. La jeune fille se recroquevilla sur son lit. Elle pleure. Elle pleure. Elle pleure. Elle pleure.
Une heure passa, quand elle se décida enfin à se lever pour passer à table. Elle observa son mobile.
Trois nouveaux messages.

" Merci pigeonne "
" Même si c'est moi qui ai voulut notre séparation, quand je te vois, quand je te revois, quand je pense à toi, quand je me souviens ... Je sais que c'est très égoïste ce que je fais. Je suis désolé, pour tout. Ta lettre je l'ai brulé. Je m'en mords les doigts. Mais je t'en prie, ne dis rien, pour nous. S'il te plait. A mardi si tu le veux encore, ou adieu. Je comprendrais. "
" Pour comprendre le debut du message, repense à cet été ...''


Une vague d'espoir. Il l'aime encore.
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# Posted on Tuesday, 29 December 2009 at 1:53 PM

Edited on Tuesday, 29 December 2009 at 5:28 PM